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Quand Spettaculu Vivu frappe le coeur des Bastiais grâce à Alexandre Oppecini

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Le spectacle "Main dans la main" où l'amour est montré sous une autre forme. Découvrez ici l'interview d'Alexandre Oppecini :

Votre création Théâtrale parle d'une idylle entre deux hommes. Avez-vous l'intention de dénoncer l'intolérance qui existe autour de ces amours, ou la volonté de montrer que peu importe le genre l'amour reste l'amour ?

Les deux. L'amour reste l'amour et l'intolérance autour de ces amours ne vient pas toujours d'où l'on croit. Elle provient souvent de ceux mêmes qui l'éprouvent. C'est aussi ce que raconte Main dans la Main.

Cela me rappelle un peu les pièces de Marivaux : Les problèmes viennent parfois des conflits intérieurs des amants... Selon vous d'où peut venir cette intolérance ?

La société normalisé dans laquelle on grandit. Société dans laquelle il est plus facile d'être heureux quand on réussit à s'intégrer. Beaucoup de personnes y parviennent, et ces effets sont très ravageurs, très destructeurs sur les personnes qui ne correspondent pas à ces normes. C'est intéressant de voir à quel point des personnes qui sont dans une minorité ouverte d'esprit, s'imprègnent pour autant d'une honte d'eux même : la difficulté de s'accepter soi-même quand tout le monde nous accepte. Ainsi, cela prend une dimension sociologique et psychologique. En même temps, on se rend compte que cette dimension psychologique n'est pas différente des couples hétéros. Un homme ou une femme qui a de gros complexes va autant se détester, et avoir autant de difficulté à trouver l'amour et à aimer, qu'un homosexuel. Les couples homos et hétéros dans la pièce ne sont pas si différents que ça.

Vous utilisez à un moment donné le thème de " norme ". Pour vous, la norme, ça existe ou c'est un concept ?

Ce qui semble être heureux devient la norme, dans les pubs dans ce qu'on essaye de nous vendre : Un papa, une maman, un enfant, un chien qui ne mord pas etc... Or, si on ne se pose pas les bonnes questions, on risque de se comparer à ça. Le gros veut ressembler au mince, l'homo veut être hétéro. Il y a une partie de la communauté LGBT, qui peut être efféminée, et rejetée par d'autres homos, voulant ressembler à des hétéros, donc recherchant du bonheur en étant présentables. Cette notion de norme, c'est ce que j'appelle du marketing.

Comment s'est passé le passage de l'écriture à la mise en scène ? Comment s'est passée cette évolution ?

Comme je suis auteur et metteur en scène je me permets d'écrire beaucoup pour ensuite couper beaucoup. Quand on passe sur le plateau on se rend compte que le texte devient parfois superflu. Surtout quand j'ai des comédiens comme Nathanaël Maïni et Fabien Ara qui ne sont pas avares de propositions.

Est-ce que cette force de propositions a été le " On ne sait quoi " qui vous a poussé à recruter ces deux acteurs ?

Ils ont un regard sur la vie. Nathanaël est professeur de théâtre, coach, metteur en scène Fabien Ara est acteur, metteur en scène. Les deux ont un regard sur la vie qui est très proche de la pièce. On discute beaucoup sur ce qui est dit dans la pièce, et on se pose des questions. On discute beaucoup des répliques. Et c'est comme ça qu'on avance. A leurs questions je ne réponds que par des choix multiples.

Pensez-vous qu'un des rôles du théâtre puisse être celui de passeur de tolérances ? Ou pour résumer, pensez-vous que le théâtre peut faire avancer les mentalités ?

Oui ! Même si la majeure partie du public vient parce qu'elle est intéressée par le sujet, il y en a toujours quelques un qui repartent étonnés, changés, interpelés. J'espère que Main dans la Main permettra au public de s'amuser des clichés et de les dépasser.

Voici une question coup de poing : " Pensez-vous que les clichés peuvent avoir une part de réalité, déformée, amplifiée donc caricaturée par la société ? "

Oui. Concernant l'homosexualité on utilise le mot cliché pour ne pas tomber dans une certaine réalité. Dans les films parlant d'amours homosexuels, on prend souvent des acteurs hétéros, pour ne pas tomber dans le cliché, et on retombe dans la norme. Les clichés sont des étiquettes que l'on donne sans approfondir. Quand je donne un stéréotype à un personnage et que je le démonte au fur et à mesure, c'est là que les gens sont surpris.

  • Si vous voulez suivre cet amour des temps modernes...
  • Si vous souhaitez connaître l'évolution des personnages :
  • Sortiront ils de leurs conflits intérieurs ?
  • L'amour sortira-t-il vainqueur malgré ces conflits-là ?
  • Et quels seront les propositions coup de poing violentes de cette histoire d'amour !
  • Sortirez-vous marqués de cette idylle théâtrale ?

Vous aurez la réponse à toutes ces questions si vous venez voir cette création Le 30 Novembre à l'Alb'oru !

Pour réserver votre place au théâtre municipal de Bastia appelez, le :

Tel : 04 95 34 98 11 Fax : 04 95 34 98 11 Mail : Spettaculu.vivu@bastia.corsica