Bastiais célèbres

César Vezzani (08.08.1888 - 11.11.1951)

César Vezzani, surnommé l'Empereur des ténors par le Tsar Nicolas II

Sans aucun doute l'une des plus grandes voix de tous les temps, César Vezzani, surnommé l'Empereur des ténors par le Tsar Nicolas II, aura brillé jusqu'au Palais Impérial de Saint-Petersbourg. Après le conservatoire de Toulon, où il rencontre la cantatrice Agnès Borgo qui deviendra son épouse, puis celui de Paris où il décroche une dizaine de prix, il débute dans la capitale à l'âge de vingt-trois ans. Le succès est immédiat. Installé à Marseille, il se produira dans toute l'Europe, enthousiasmant les amateurs de bel canto. Son exceptionnelle tessiture lui aura permis de tout chanter. Ceux qui le côtoient dans sa vie quotidienne décrivent un homme à la forte personnalité, d'une rare générosité, se déplaçant toujours accompagné d'une horde d'admirateurs.

 

 

 

Louis Capazza (17.01.1862 - 28.12.1928)

Il réalisa la première traversée aérienne de la Méditerranée

Le 14 novembre 1886, un jeune bastiais de vingt-quatre ans, alors inconnu, réalise un exploit qui entrera dans les annales de l'aéronautique : la première traversée aérienne de la Méditerranée. Parti de Marseille avec son coéquipier Alphonse Fondère, il atteint, à bord de son ballon libre le Gabizos, la côte ajaccienne au cours d'une traversée épique. Louis Capazza multipliera alors les exploits et établira nombre de records dans sa discipline, l'aérostatique :

  • En 1908, il survole Paris parcourant deux cents kilomètres en moins de cinq heures. La même année, il bat un record d'altitude en atteignant deux mille mètres.
  • En 1910, il est le premier à traverser la Manche en ballon dirigeable. On doit aussi à ce grand inventeur les premières explorations de la haute atmosphère par ballons-sondes.

Toutes ces prouesses lui vaudront honneurs et récompenses en Belgique comme en France.

 

 

 

Tommaso Prelà (21.12.1765 - 27.02.1846)

Médecin personnel du Pape Pie VII

Aîné d'une famille de négociants aisés, Tommaso Prelà fut envoyé à Florence à neuf ans, puis à Rome pour ses études universitaires : philosophie à la Sapienza, médecine à Santo Spirito. Ses qualités lui vaudront d'être nommé médecin-chef de cet hôpital. Admis dans le cercle très fermé du Vatican, il obtient le poste de médecin personnel du Pape Pie VII. Familier de la cour pontificale, il eut l'occasion de rencontrer de grands princes lettrés, dont les conversazione étaient réputées et où il avait une place de choix. Ses deux passions furent la médecine et sa bibliothèque. Dans son testament, il exprime sa volonté de léguer « sa riche et rare bibliothèque à sa ville natale pour être par celle-ci entretenue et ouverte à l'instruction publique ».

Pour ce don, le conseil municipal lui exprima en 1829 les sentiments d'admiration et de gratitude des habitants de Bastia.

 

 

 

Salvatore Viale (06.09.1787 - 23.11.1861)

Le plus grand poète insulaire...

Magistrat, substitut du procureur du roi, conseiller à la cour d'appel de Bastia, Salvator Viale est passé à la postérité en raison de son importante oeuvre littéraire. Le plus grand poète insulaire doit surtout sa notoriété à sa création la plus connue, la Dionomachia, publiée à Londres en 1817 et objet de six éditions en moins d'un siècle. Ecrivain de langue italienne et témoin de la dualité de la culture corse au début du XIXe siècle, ses rapports avec Florence et les écrivains du pré-Risorgimento ont contribué à donner au milieu intellectuel bastiais de l'époque une dimension européenne.

 

 

 

Giuseppe Sisco (1748-1830)

Premier chirurgien des papes Pie VI et Pie VII

De tous temps, les élites bastiaises ont rayonné hors de Corse, à l’image de Giuseppe Sisco.

Né à Bastia en 1748, il poursuit de brillantes études de médecine à Rome. Ses compétences lui valent d’être nommé professeur de chirurgie à l’université de la Sapienza. Grâce à la renommée internationale que lui confère cette fonction, il obtient le poste prestigieux de premier chirurgien des papes Pie VI et Pie VII. Il s’affirme ainsi comme une sommité européenne dans le domaine de la médecine chirurgicale.

A son décès en 1830, il lègue sa fortune à sa ville natale pour constituer des bourses d’études destinées à de jeunes Bastiais. Seule cité de Corse à bénéficier de ce type de dotation, Bastia envoie ainsi à Rome une cinquantaine de boursiers, dont trente-sept jeunes artistes (architectes, sculpteurs et peintres). Ce legs renforce le rôle central joué par Bastia dans l’émergence d’une école artistique corse.

En effet, la plupart de ces boursiers deviennent des artistes professionnels en Corse, en France continentale ou dans l’empire colonial.

Grâce à ce legs, trois générations d’artistes corses forment le goût artistique des insulaires, tant par l’enseignement que par leurs créations et l’animation d’une vie culturelle riche et foisonnante.

La dernière bourse du legs Sisco est octroyée en 1927.