Culture

Dès notre arrivée, une étude a été menée par une équipe d’experts indépendants permettant de fixer un cap nouveau pour la culture tant du point de vue des organisations que des contenus. Par ailleurs, la construction et la livraison du Centre culturel des quartiers sud en septembre 2015 a dès notre prise de fonction nécessité un fort engagement des élus et des services pour mettre en cohérence cet établissement avec les structures préexistantes.

Pendant ces trois années, un travail de fond a été mené. La pluridisciplinarité des contenus artistiques, le développement de nouvelles disciplines, le soutien aux compagnies locales, les actions hors les murs et la médiation culturelle sont autant d’axes forts de notre politique culturelle. La langue corse et l’ouverture sur le monde méditerranéen sont le fil conducteur de tous nos projets.

Repenser notre politique culturelle a néanmoins nécessité un grand travail de restructuration des services. Réinterroger ce projet en profondeur a amené la Direction des Affaires Culturelles à connaître deux années de mue nécessaire à l’impulsion que nous souhaitions donner à nos ambitions culturelles. La mobilisation et le dynamisme de l’équipe de Bastia Cultura a été et reste l’atout majeur de notre politique.

Concrètement, à mi-mandat, notre projet culturel entre dans sa deuxième phase, celle de la formalisation par l’administration autour des axes suivants :

-          Ecriture du projet de politique culturelle avec notamment la réorganisation du projet de lecture publique et le développement des programmations cinéma

-          Rédaction des projets d’établissements

-          Elaboration d’une stratégie de communication autour notamment de la création d’un label Bastia Cultura

-          Structuration du travail sur les publics

-          Optimisation des budgets (pour rappel 2 347 500 euros annuels en fonctionnement).

L’optimisation des structures municipales

Compte tenu des quarante années d’échec de démocratisation culturelle, telle que pensée dans les lieux culturels nationaux (Scène Nationale etc..), envisageant les équipements culturels comme polarités uniques des pratiques culturelles, la logique du projet culturel de la Ville de Bastia a immédiatement été d’utiliser les équipements culturels non comme des moyens mais comme des outils de développement, notamment du spectacle vivant et du cinéma, des arts visuels (photographie, arts plastiques), de la lecture publique et du numérique, par un travail soutenu de médiation et d’action culturelle.

Ainsi les équipements culturels sont lieux de passage et de vie, non figés, non sacralisés, non statiques.

Pour autant cela n’exclut pas un travail de réflexion sur les équipements eux-mêmes :

-          En intégrant les équipements paramunicipaux à la politique culturelle (Conservatoire, Una Volta), des liens ont été créés et des réflexions sur la gouvernance sont en cours.

-          En développant une politique d’aide aux associations cohérente et concertée avec la CTC (comités de pilotage).

-          En travaillant sur la rénovation de nos établissements, ce point étant fondamental.

 

En 2018, le théâtre San Angelo sera rénové afin de créer un lieu plus attractif pour les artistes et troupes amateurs. Quant à elle, la restructuration totale du théâtre municipal débutera fin 2019. Nous nous y attelons chaque jour.

La mise en place d'un accès à la culture pour tous, notamment la jeunesse                            

L’accès à la culture pour tous est l’axe fondamental de la politique culturelle de la Ville qui a démontré sa volonté dans ce domaine par :

- Une structuration du service action culturelle (un agent en 2014, trois agents en 2017)

- Une augmentation du budget action culturelle (60000 € en 2014, 120000 € en 2017)

- Une approche territoriale de l’action culturelle avec un pôle dédié au travail sur les publics

- Une approche transversale : tous les équipements culturels sont en jeu dans cet objectif (lecture publique, Maison des associations, centre culturel Alb’Oru, théâtre..), mais également en lien avec les autres services de la Ville et le tissu associatif et économique.

- Un travail sur la politique tarifaire (délibération votée en conseil municipal), la création d’un tarif d’accès à la Culture pour tous

- Des liens étroits avec le service des politiques éducatives et l’Education Nationale, un travail renforcé auprès des publics scolaires, la préfiguration d’un parcours d’éducation artistique.

- Une sortie de la logique géographique (par quartiers), pour entrer dans une logique de « publics empêchés » plus efficiente et permettant une circulation des personnes et une politique culturelle sensible.

La mise en en place d’une politique de soutien aux acteurs culturels et associations ouverts sur le monde et en particulier sur la méditerranée

Mener à terme le débat sur le projet de Scène Nationale, souhaitée par l’ancienne mandature, était un des engagements culturels fort de notre projet. Dès notre arrivée, ce débat a donc été poursuivi dans un cadre institutionnel.

Une réflexion du comité d’experts nous a été livrée autour de cette question et un travail de concertation avec les services de la Collectivité Territoriale de Corse a été nécessaire. Aussi, le projet de rénovation du théâtre et les discussions avec la DRAC ont permis de pointer les lacunes du précédent projet.

Il en a découlé un repositionnement de l’axe politique sur cette question à savoir :

- La Scène Nationale telle que pensée par l’ancienne mandature (en réseau avec Bastia en tête de pont), n’était pas viable (financièrement, structurellement), et ne correspondait pas à la réalité du territoire et la diversité des dynamiques culturelles.

- La Collectivité Territoriale de Corse, au travers de ses Attelli de la Culture a également évoqué cette question. Il en est ressorti la nécessité de structurer l’offre culturelle en développant une charte commune qui permette de respecter les identités propres à chaque microrégion. Le théâtre de Bastia pourrait s’inscrire dans cette charte en développant un projet de scène méditerranéenne.

En ce sens, le soutien aux acteurs culturels associatifs, en leur permettant de développer des projets de qualité ouverts sur le monde, a aussi été un axe fort des actions que nous avons menées. Depuis 2014, dans le cadre de la programmation municipale, ont été soutenus de nombreux projets artistiques ouverts sur l’Europe et la Méditerranée (Projets Animantiga, A Filetta et Sidi Larbi Cherkaoui, créations dans le cadre de I Sulleoni (Corse-Maghreb..), la journée internationale des langues maternelles… La volonté politique affichée s’est distinguée par des choix artistiques forts, par une aide à la création et à la diffusion.

Si nous avons souhaité développer des projets européens (Europe Créative), en lien avec des structures associatives, compte tenu de la complexité des dossiers, ces projets n’ont pu aboutir. Ils ont tout de même permis la mise en place de réseaux entre structures culturelles.

La création d'un festival d’été : I Sulleoni                  

Le festival I Sulleoni a été créé en 2015. En respectant les grands axes de notre politique culturelle, il est une traduction de notre projet, et ce en différents points :

- Par le travail des artistes et compagnies émergentes, particulièrement au niveau régional, permettant également un soutien au tissu associatif local et à l’émergence artistique

- En investissant des lieux patrimoniaux

- Par l’exploration de nouveaux espaces et territoires de l’art (jardins, places, rues) en posant un nouveau regard sur la ville

- En proposant des créations hybrides mélangeant les arts, des commandes artistiques, des projets uniques, des artistes en résidence

- En organisant des ateliers de sensibilisation des publics

- Par une attention particulière portée à la langue corse et aux créations locales

- Par la gratuité et l’invitation de tous les publics dans un souci de rencontre, d’échange, de partage et de liens intergénérationnels