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Bastia, une capitale historique, une Ville d’art et d’histoire.

L’histoire de Bastia

Bastia est riche d’un passé historique important qui au cours des siècles, a façonné son aspect, sa géométrie, son statut.

Même si certains ont qualifié Bastia de « Ville-Musée », dans la réalité elle n’est pas une ville figée. Largement ouverte sur la Méditerranée, elle est devenue par son rayonnement un carrefour culturel, touristique et économique.

Somme toute, il faut admettre que Bastia est une ville à fort caractère patrimonial.

Ce patrimoine unique, d’une richesse exceptionnelle en Corse, est largement reconnu et Bastia s’est vu décerner le label « Ville d’Art et d’Histoire » en 1999.

Les anciennes chroniques rapportent que Bastia a été construite sur le site d’une ancienne ville romaine appelée Mantina (ou Mantinum).

Comme partout en Europe, la chute de l’Empire Romain et les invasions barbares dévastent les villes côtières de la Corse et plongent la société insulaire dans la décadence et le chaos. Les habitants des anciens ports romains, autrefois florissants, abandonnent les rivages de la mer (soumis aux pillages de pirates sanguinaires), pour trouver refuge dans le maquis impénétrable de l’arrière pays et dans les montagnes de l’intérieur.

Le site de Bastia est pratiquement déserté et ce n’est qu’à la fin du XIVe siècle, alors que la Corse est sous la souveraineté de la Sérénissime République de Gènes, que va se redessiner une véritable structure urbaine.

A cette époque, autour de l’anse de l’actuel Vieux-Port, on ne compte que quelques maisons de pêcheurs qui dépendent du petit village médiéval de Cardo, érigé sur les hauteurs. Le port de Cardo (Portu Cardu) possède des avantages stratégiques. Il est surplombé par un promontoire rocheux, que les génois décident de fortifier en édifiant un puissant donjon et de hautes murailles.

Le donjon est appelé «la bastia», c’est une sorte de bastille dans laquelle le Gouverneur génois de la Corse va établir sa résidence.

C’est de cette bastille que la ville va tirer son nom.

Avec l’installation du Gouverneur, Bastia devient, de fait, la capitale de l’île. La nouvelle cité compte deux quartiers distincts : le Port (appelé «Terra Vecchia», car c’est la partie la plus ancienne de la ville) et la Citadelle (dite «Terra Nova», nouvellement construite).

Au cours des XVIe et XVIIe siècles,

le système défensif de la Citadelle se perfectionne. On adjoint aux remparts les imposants bastions Saint Charles, Saint Jean et Sainte Marie. Dans les quartiers de Terra Nova et de Terra Vecchia, s’organise une vie industrieuse, rythmée par les cloches des 26 édifices religieux que compte la ville. Bastia est également une capitale religieuse, on y dénombre pas moins d'une dizaine de grands couvents (4 de femmes et 6 d'hommes), car tous les ordres religieux présents dans l'île ont tenu à ouvrir leur établissement principal au plus près du Gouverneur génois. Le Palais des Gouverneurs et le Pavillon des Nobles Douze, la maison commune sont des lieux de pouvoir animés. Le gouverneur issu d'une famille illustre est un personnage important qui dispose de pouvoirs étendus. Il rend la justice en appel et est entouré d'une véritable. Bastia est donc bien une Capitale. 

Insistons sur le fait qu’aucune autre ville de Corse n’a autant d’églises, de confréries et de couvents que Bastia. Ces édifices baroques maillent et structurent le tissu urbain. Ils donnent à la ville un caractère unique. Les maisons bastiaises de l’époque baroque présentent le plus souvent de hautes façades de style génois, sobrement décorées. 

A partir de 1768,

la Corse est intégrée au Royaume de France et le pouvoir administratif quitte l’ancien palais des Gouverneurs (au cœur de Terra Nova) pour s’installer à Terra Vecchia dans le spacieux couvent des Missionnaires Lazaristes (qui est aujourd’hui le Lycée Jean Nicoli). Le comte Louis Charles René de Marbeuf gouverne l’île au nom de Louis XV. En 1773, il fait construire à ses frais un théâtre, près de l’église Saint Jean-Baptiste, sur l’actuelle place du Marché. C’est le premier édifice de ce genre construit dans l’île. Les Bastiais prendront alors un goût tout particulier pour la comédie, la tragédie et l’opéra. Un goût qui ne se démentira jamais et donnera à leur ville le statut incontesté de capitale culturelle de la Corse.

Sous le règne de Napoléon,

Bastia perd son statut de capitale administrative au profit d’Ajaccio, mais son développement ne se ralentit pas.

Après la Restauration et jusqu'au Second Empire,

Bastia réalise une brillante métamorphose. Une nouvelle urbanisation est imposée par le développement démographique et elle est dynamisée par une économie prospère. La ville gagne des quartiers neuf et s’étend vers le nord. Bastia traduit dans la pierre qu’elle est, et qu’elle demeure, le port principal et la capitale économique de la Corse. On aménage la Place Saint-Nicolas, on perce de grands axes de communication, tels que le cours Pierangeli, le boulevard Paoli et la rue César Campinchi. Les nouveaux boulevards sont bordés de grands immeubles aux façades néoclassiques qui font la fierté de la ville. Ces élégants édifices sont ornés de balcons à balustrades, de corniches, pilastres et frontons. Les portails cachent souvent derrière leurs portes massives des cages d’escaliers décorées de peintures en trompe-l’œil, d’esprit italien. Les toits, en lauze de schiste gris-bleu, donnent une couleur particulière au paysage urbain.

Bastia, au prix d’un considérable effort financier, fait ériger un nouveau théâtre, qui est inauguré en 1879, après 5 ans de travaux. L’architecte qui fut choisi pour doter la ville d’un temple dédié au belcanto n’est autre qu’Andrea Scala, concepteur de l’admirable théâtre de Pise ainsi que celui de Catania. Pour des spécialistes d'Histoire urbaine, les aménagements réalisés au milieu du 19ème, sont de même ampleur que ceux réalisés au cours du 19ème.  

Le XXe siècle n’a pratiquement pas perturbé l’homogénéité de l’ensemble architectural bastiais.

A partir des années 1960,

Bastia est aujourd’hui une ville de taille moyenne (44 000 habitants environ) qui est le pôle urbain d’une agglomération de 58 000 habitants. Même si elle n’est plus le chef lieu administratif de la Corse, elle en reste le premier centre économique de la Corse, la capitale historique, culturelle et patrimoniale.